Achcham Yenbathu Madamaiyada | Critique

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6 ans après leur collaboration dans Vinnaithaandi Varuvaaya, Gautham Menon et STR se joignent à nouveau pour le très attendu Achcham Yenbathu Madamaiyada. Avec un album époustouflant signé A R Rahman pour la Bande originale ; les attentes n’ont cessé de croître autour de ce projet.

Connu pour sa narration propre à lui-même et son goût prononcé pour le romantisme, Gautham décide de mêler ici un autre genre qu’il a maitrisé par le passé à travers sa trilogie policière : le thriller.

 

Tout est réuni pour que ce projet soit un produit de qualité. STR relancera-t-il pour de bon sa carrière avec AYM ? Gautham réussira-t-il à délivrer une œuvre de qualité dans ce nouveau genre ?

 

Synopsis :

Leela (Manjima Mohan) vient s’installer chez son amie afin de continuer ses études. Dans cette nouvelle famille d’accueil, elle s’attache avec le frère de son amie.  Celui-ci a pour objectif de partir à l’aventure avec son nouveau bijou, une moto Royal Enfield, avant de trouver un travail. Soudainement, Leela rejoint ce dernier et ils décident de partir à l’aventure à deux. Cependant, ils vont rencontrer des péripéties qu’ils n’auraient jamais cru affronter dans leur paisible vie. Quels sont ces évènements qui vont chambouler leurs vies à jamais et forger leur caractère ?

 

 

Critique :

Comme attendu, le style Gautham est omniprésent à travers le film. Tout y est, de la narration aux dialogues, en passant par les voix-off. Le réalisateur impose sa touche et il est grandement aidé par la performance de STR. A l’instar des héroïnes des précédents opus de Gautham, Manjima est présenté de façon sophistiquée et avec beaucoup d’élégance. Son interprétation simple et son sourire charmeur apporte de la fraicheur à travers le film. 

 

La romance se développant entre les deux personnages est agréable. Elle est construite et justifié, contrairement aux coups de foudre et autres scènes clichés que l’on peut voir à Kollywood dernièrement. Le voyage entrepris par les deux protagonistes va naturellement les rapprocher. C’est d’ailleurs à cette partie du film, que l’intrigue se met en place et que l’histoire prend une autre tournure.

 

La première partie qui repose sur la présentation des personnages et leur rapprochement, est plutôt lente et fluide à l’opposé de la deuxième partie, qui est riche en action. C’est une véritable course poursuite qui va tenir en haleine le spectateur. Le genre du film bascule totalement.

 

C’est d’ailleurs dans cette deuxième partie que les carences du film vont apparaître. Gautham prend quelques libertés commerciales et les scènes d’actions s’enchainent très rapidement sans pour autant une avancée nette dans la résolution de l’intrigue. Le spectateur peut d’ailleurs se détacher de cette dernière et plus se concentrer sur la fuite des amoureux. La bascule du genre peut aussi porter préjudice à l’amateur du genre de la première partie ou de la deuxième partie.

La résolution de l’intrigue, bien que concevable, parait un peu simpliste et l’histoire de fond assez banale et vu.

 

Néanmoins, dans la globalité, le film est un bon divertissement et pourra satisfaire pleinement le spectateur prévenu. Les fans de Gautham apprécieront car le réalisateur a rempli le film d’éléments qu’il maitrise.

 

Côté technique, le film ne déroge pas à la règle des films parfaitement maitrisé techniquement. L’équipe technique contribue pleinement à ce rendu de qualité.

 

Dan Macarthur, du côté de la cinématographie rend un visuel appréciable et de haut niveau. La teinte dans les deux parties s’accorde parfaitement aux évènements et plonge le spectateur dans les ambiances distinctes du film. Le montage est de qualité dans la première partie et correct dans la deuxième, notamment peut-être à cause de certains passages qui ont été coupé. A noter, une première partie légèrement longue.

 

Le film est parlant musicalement commet tout film du réalisateur. A R Rahman délivre un album de très grande qualité, avec un album alliant le classique et le moderne à la quasi-perfection. Les clips présents exclusivement dans la première partie et incrusté dans la narration évite une deuxième partie saccadée. Les musique de fond sont appréciables dans la première partie mais reste moins marquante par la suite.

 

Niveau prestation, STR est époustouflant dans un rôle réaliste. Il joue de façon juste et à la perfection en fonction de la situation de son personnage. Les nuances dans son jeu sont l’expression de son talent, et le travail du réalisateur sur son acteur est notable. STR délivre une de ses plus belles prestations. Manjima, comme relevé plus tôt, est charmante et son jeu simple apporte une touche réaliste. Ses expressions naturelles fonctionnent en parfaite harmonie avec le jeu de STR.

 

Baba Seghal rend une copie juste, ainsi que les autres personnages secondaires. Mention spéciale aussi au chorégraphe Satish dans le rôle de Mahesh. Impressionnant dans Showcali, ce dernier apporte le léger coté humoristique du film.

 

Pour conclure, bien que clairement scindé en deux partie distinctes, AYM est un film entraînant, avec un moment de détente et une partie course poursuite intense. Malgré des légers défauts, le produit final est satisfaisant. Aidé par une équipe technique de qualité, et par la réalisation de Gautham, AYM est un film divertissant et plaisant. C’est une bonne expérience pour son contenu simple, réaliste et sa partie thriller. Le réalisateur a mis ses ingrédients fétiches, tels que la romance, les émotions et le coté dure des méchants. Une bonne pioche pour cet après-Diwali.

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